Cédric Denis-Rémis présente son projet aux côtés du président de l’école, Philippe Houzé, et de son directeur général, Léon Laulusa.
« Nous voulons être le MIT européen ! » Directeur général de ESCP, Léon Laulusa lançait cette semaine sa School of Technology dirigée par Cédric Denis-Rémis qui explique ainsi son projet: « Il faut comprendre les sciences pour comprendre le monde. Nous serons une école de management qui enseigne les sciences et offre le meilleur des deux mondes à ses étudiants ». L’école crée son premier programme avec un BSc en Management et technologie en trois ans.
« Comprendre ce que l’on sait. » La création de l’école repose sur une conviction centrale : le manager de demain ne pourra plus se contenter d’une culture générale du numérique. Il devra comprendre les sciences. « Le défi du XXIe siècle, ce n’est pas uniquement technologique, le défi du XXIe siècle, est profondément humain. Nous passons de l’économie de la connaissance à l’économie de la lucidité. Dans un monde où l’information devient gratuite et massive, la question n’est plus seulement « que devons-nous savoir ? » mais « que devons-nous comprendre ? » », résume Léon Laulusa.
Plutôt que de former uniquement à des technologies susceptibles d’être rapidement dépassées, ESCP veut réintroduire la physique, la chimie, la biologie, les mathématiques, l’informatique, la data science et la méthode scientifique dans une formation de management. L’idée est de préparer les étudiants à un horizon de long terme : « Si vous voulez enseigner des choses qui seront utiles à nos jeunes dans 20 ans, dans 30 ans, dans 40 ans, enseignez-leur à comprendre le monde ».
Un premier bachelor en Management et technologie. Ce premier bachelor recevra 40 étudiants à la rentrée 2027– le même ordre de grandeur que le bachelor d’ESCP lors de son lancement – avec un objectif de 200 étudiants par promotion. La première année sera délivrée à Paris puis sur les campus de ESCP de Turin et Londres. « Nous allons former des jeunes en capacité de discuter avec les scientifiques, les ingénieurs, les médecins. De rompre le gap. Ils pourront ensuite poursuivre leurs études – surtout en France où on recrute essentiellement en master – ou entrer sur le marché du travail dans d’autres pays », confie Cédric Denis-Rémis.
Le volume de cours annoncé comprend environ 280 heures en sciences, mathématiques, computer science et data science, ainsi qu’environ 300 heures de management, humanités et design. Le corps professoral sera celui de ESCP avec le recrutement d’une trentaine de professeurs d’ici 2031, plutôt titulaires de doctorats en mathématiques ou en physique. Les ateliers expérimentaux seront organisés dans des universités et écoles d’ingénieurs partenaires. « Ce bachelor ne vise pas à former des ingénieurs. Il s’adresse à des étudiants qui veulent d’abord faire du management, mais « ne souhaitent pas abandonner la capacité de faire des sciences », insiste Cédric Denis-Rémis qui espère aussi attirer de nombreuses jeunes femmes, dans un contexte où elles restent sous-représentées dans les filières scientifiques et technologiques.
Le tarif sera de 17 000 euros par an pour les Européens et de 23 000 euros pour les extra Européens. L’objectif est d’arriver à une chiffre d’affaires de 20 millions d’euros en 2030 avec tout un système de bourses qui entrera en vigueur petit à petit.
La nouvelle école s’appuie sur un conseil d’orientation stratégique et scientifique composé de 42 personnes, dont la moitié issue d’ESCP et l’autre moitié de personnalités extérieures. Yann Le Cun sera le parrain de la première promotion du bachelor.
- Trois programmes de MSc spécialisés en Industrial Logistics & Robotics, Product Management et Technology for Managers viendront enrichir l’offre de ESCP School of Technology, en proposant des parcours avancés aux étudiants souhaitant développer une expertise dans les secteurs portés par les technologies.