« Un site se porte mieux si un établissement de l’IMT en fait partie » : Philippe Jamet

Directeur général de l’Institut Mines-Télécom (IMT), ancien président de la Conférence des grandes écoles, Philippe Jamet est en train d’imposer un nouveau modèle d’organisation de l’enseignement supérieur. Le regarde aiguisé sur nos écoles et nos universités d’un homme habitué à surmonter les difficultés.

 Olivier Rollot : Le classement 2017 des écoles d’ingénieurs de « L’Usine nouvelle » place trois des dix écoles membres de l’IMT dans les cinq premières (Télécom ParisTech 4ème puis Mines ParisTech et l’IMT Atlantique ex-aequo). C’est un résultat qui doit vous réjouir.

Philippe Jamet : Bien sûr ! Même si ce classement est réputé assez volatil, si on se souvient des biais méthodologiques de l’édition précédente. De plus un certain nombre d’écoles, comme les écoles Centrale de Lyon et Paris, ont préféré ne pas répondre. Nous sommes en tout cas heureux de voir l’impact positif qu’a eu leur fusion pour Mines Nantes et Télécom Bretagne qui forment depuis le début 2017 l’IMT Atlantique, ainsi que pour l’autre école fusionnée, IMT Lille Douai.… Lire la suite

« Nous voulons rendre notre programme grande école plus lisible » : Thomas Froehlicher (Kedge BS)

Kedge Business School est une véritable « machine éducative » qui compte aujourd’hui 12 500 étudiants et dont le budget doit passer de 103 M€ en 2016 à 133 M€ en 2020. Son directeur général Thomas Froehlicher, également actuel président du concours Ecricome, revient sur les grands enjeux que rencontre aujourd’hui Kedge.

Olivier Rollot : Pouvez-vous d’abord nous faire un petit bilan des inscriptions au concours Ecricome cette année ?

Thomas Froehlicher : Nous constatons une dynamique très positive avec 8191 candidats inscrits issus des différentes classes préparatoires aux grandes écoles. Les Écoles Ecricome, Kedge et Neoma BS renforcent leur position de premières Écoles choisies par les candidats, en hausse de 4,4% par rapport à 2016 pour les filières non littéraires. Quatre facteurs expliquent probalement cela :  en premier lieu, la solidité de deux très grandes écoles proposant une offre de formation rigoureuse sur de multiples campus ; en second lieu, la baisse décidée des coûts d’inscription pour alléger le poids financier des concours, une approche résolument « family friendly » ; en troisième lieu, une session écrite positionnée de manière à laisser une période suffisante de repos avant la session des écrits de la BCE ; et, enfin, last but not least, le renouvellement de la confiance de la communauté des proviseurs et des professeurs des CPGE vis-à-vis de la qualité des épreuves ECRICOME s’est confirmée.… Lire la suite

L’ESME Sudria s’implante à Bordeaux : retour sur sa stratégie avec Véronique Bonnet, sa directrice

Ecole d’ingénieurs postbac parisienne en 5 ans, l’ESME Sudria s’implante cette année à Bordeaux après Lille et Lyon. L’occasion de revenir sur son cursus avec sa directrice, Véronique Bonnet.

  • L’ESME Sudria recrute ses étudiants essentiellement après le bac par le biais du concours Advance. Chaque année de son cycle ingénieur est facturée 8500€ en moyenne (des frais supplémentaires peuvent être facturés uniquement aux étudiants qui partent aux Etats-Unis ou en Australie dans le cadre de leur cursus).

Olivier Rollot : Qu’est-ce qui pousse aujourd’hui l’ESME Sudria à s’implanter à Bordeaux après Lille et Lyon ?

Véronique Bonnet : D’une part l’offre de formation d’écoles d’ingénieurs est beaucoup moins développée à Bordeaux que dans d’autres grandes villes. D’autre part Bordeaux possède un pôle aéronautique de premier ordre. Par exemple avec Thales dont le siège des activités avioniques s’installe à Bordeaux et crée tout un campus de recherche. Enfin nous sommes soutenus par les institutions locales et la demande des familles.… Lire la suite

« L’EFMD est un catalyseur qui pousse les business schools à améliorer leur qualité » : Eric Cornuel

L’EFMD célèbre cette année les 20 ans de son accréditation internationale des business schools, EQUIS. Son directeur général, Eric Cornuel, revient sur ce qui a fait son succès et, plus largement, sur les missions de l’EFMD.

Olivier Rollot : Comment définiriez-vous l’action de l’EFMD ?

Eric Cornuel : Nous sommes avant tout un catalyseur qui pousse constamment les business schools à améliorer leur qualité et à prendre en compte les besoins des entreprises. Mais nous sommes également un forum pour la profession au travers de séminaires et de recherches. Le tout bien sûr en s’appuyant sur nos accréditations, EQUIS pour les business schools dans leur ensemble, EPAS pour des programmes plus précis, le BSIS pour calculer l’impact d’une business school sur son territoire, EDAF pour aider les business schools des pays émergents à se développer et enfin EOCCS pour certifier des cours en ligne qui nous semblent devoir occuper une place de plus en plus importante.… Lire la suite

Quels pays attirent les étudiants internationaux ?

Selon l’édition 2017 des Chiffres clés des étudiants internationaux de Campus France, le nombre d’étudiants internationaux est passé de 2,17 millions en 2002 à 4,3 millions en 2014. Il croit depuis 2009 à un rythme deux fois plus rapide que celui de l’augmentation, pourtant marquée, de la population étudiante mondiale. Dans ce contexte favorable, si la France continue à attirer chaque année un peu plus d’étudiants étrangers (310 000 en 2015), elle n’en recule pas moins par rapport à ses grands concurrents.

Les Etats-Unis largement leaders

Toujours largement leader en mobilité entrante (842 384 en 2014 et 907 257 en 2015), les Etats-Unis attirent des étudiants du monde entier mais d’abord des Chinois (32,1%), des Indiens (12,4%), des Sud-Coréens (7%) et également des Saoudiens (5,9%).

Loin des Etats-Unis avec 428 724 étudiants accueillis en 2014, le Royaume-Uni consolide sa deuxième position des pays d’accueil devant l’Australie (266 048 étudiants) et la France (235 123).… Lire la suite

« L’apport des intervenants extérieurs est déterminant »: Frank Debouck (Centrale Lyon)

« La première année est parfois un peu difficile pour nos étudiants » : Frank Debouck (Centrale Lyon)

Reconduit en novembre dernier pour cinq ans à la direction de Centrale Lyon, Frank Debouck est enthousiasmé par la qualité de ses étudiants et de ses enseignants. Il nous explique comment il voit l’évolution de leur cursus.a

Olivier Rollot : Comment jugez-vous après votre premier mandat de cinq ans la gouvernance d’une école d’ingénieurs, vous qui avez auparavant longtemps travaillé dans l’entreprise, et notamment chez Air France où vous avez même été responsable de l’exploitation du Concorde ?

Frank Debouck : La concertation avec les personnels est un outil extraordinaire que je ne connaissais pas avant mon arrivée à Centrale Lyon. C’est peut-être un processus un peu long pour prendre des décisions mais cela avance vite une fois qu’elles sont acceptées. Les pouvoirs et contre-pouvoirs fonctionnent très bien dans un modèle qui pourrait inspirer bien des entreprises qui vont trop souvent dans le mur.… Lire la suite

Idex-Isite : (presque) tous gagnants !

« Mieux que rien ! » se disent les responsables du projet projet d’Université Lille Nord-Europe (ULNE), encore rembarrés par le jury de leur projet d’Idex mais qui reçoivent un Isite (« Initiatives Sciences, Innovation, Territoires, Economie ») finalement assez logique tant leur projet semblait réduit (un peu plus d’un tiers des composantes concerné) pour espérer mieux. « Ensemble, nous avons appris des précédentes candidatures : appris à mieux identifier et unir nos forces, à affirmer et afficher plus fermement notre excellence académique, à jouer davantage sur les synergies entre les différents acteurs du territoire, à capitaliser sur la volonté collaborative de construire et de porter ce projet », insiste Fabienne Blaise, présidente de l’Université de Lille, sciences humaines et sociales et coordinatrice du projet.

Satisfécits. Du côté de Lyon on aurait forcément moins bien pris un échec aux Idex et le soulagement est visible après la décision positive du jury après tant de débats et d’oppositions entre ses acteurs.… Lire la suite

Emploi des jeunes diplômés, tout va de mieux en mieux !

Depuis 2014 la situation des jeunes face à l’emploi connaît une embellie progressive confirme le Baromètre de l’humeur des jeunes diplômés 2017 menée par le cabinet Deloitte : 77% des diplômés depuis moins de 3 ans sont aujourd’hui en poste dans une entreprise, soit une hausse de 7 points en un an.

Un taux d’emploi record depuis 6 ans

Les jeunes diplômés en poste sont en grande majorité en CDI (70%, en hausse de 2 points) et à temps plein (84%). Néanmoins, une fracture se creuse entre les jeunes diplômés ayant trouvé un emploi et ceux toujours en recherche. Alors que les jeunes en poste ont en moyenne décroché leur emploi actuel en 8 semaines, ceux en recherche d’emploi ont largement dépassé ce délai (plus de 5 mois). « Le taux d’emploi des jeunes est le plus fort depuis l’existence de ce baromètre. En matière de recrutement, malgré la diversité de l’offre, c’est le réseau personnel, un moyen traditionnel et informel, qui fonctionne le mieux auprès des jeunes pour trouver un emploi.… Lire la suite

Qu’attendent les étudiants en médecine de leur vie ?

Interrogés sur leurs principales sources de motivation quant à leur avenir, les étudiants en médecine interrogés par dans le cadre de l’enquête « Appel Médical Search » (groupe Randstad) n’hésitent plus à revendiquer leur ambition « d’avoir une qualité de vie satisfaisante » dans 70% des réponses, juste derrière le fait « d’exercer un métier utile » (74%) et l’ambition « d’aider/sauver les patients » (73%).

Autre enseignement de l’étude : contrairement aux idées reçues, la médecine générale n’est pas un choix par défaut. Elle se hisse même en tête (19%) des spécialités plébiscitées par les étudiants en médecine interrogés avant le passage de l’ECN (« épreuves classantes nationales » qui donnent accès au troisième cycle des études de médecine) devant l’anesthésie-réanimation et la chirurgie générale ex æquo avec la pédiatrie.

Le mode d’exercice de la médecine qui recueille le plus de suffrages (43 %) auprès des étudiants interrogés est le mode « mixte », qui combine salariat et exercice libéral.… Lire la suite

« L’IDEX est fondamental pour réaliser de nouveaux projets et cristalliser les dotations venues des collectivités et des entreprises »: Patrick Lévy (Université Grenoble Alpes)

En février 2016, la Communauté d’universités et d’établissements (ComUE) Université Grenoble Alpes a été lauréate des IDEX. Une dotation en capital demandé de 650 millions d’euros produisant environ 16 millions d’euros par an d’intérêts, à ajouter aux 10 millions d’Euros associés aux Labex. De nombreux projets ont déjà été financés et l’union entre les composantes (l’université fusionnée UGA, Grenoble INP, Sciences Po Grenoble, ENSAG et les organismes de recherche) avance à grands pas explique Patrick Lévy, son président.

Olivier Rollot : Qu’avez-vous réalisé avec les 13 millions d’euros que vous avez déjà reçus ?

Patrick Lévy : Nous sommes partis pied au plancher et nous les avons dépensés en calant notre action sur notre première dotation de 13M€ pour mobiliser en tout 130 M€ sur des actions de recherche pluridisciplinaire, par exemple. Ce fut une opération scientifique de grande envergure et très sélective : 50 dossiers présentés, 32 gardés, 16 sélectionnés et auditionnés, 7 labellisés.… Lire la suite