«  Je veux faire émerger des systèmes d’éducation au management de haut niveau » : Olivier Aptel

Olivier Rollot : Vous allez bientôt quitter la direction de Rennes School of Business pour rejoindre l’Université Internationale de Rabat (UIR). Pourquoi ce changement alors que tout se passait très bien à Rennes ?

Olivier Aptel : Je m’étais fixé 10 ans de direction. J’étais à onze ans et il était temps de passer à autre chose. Et j’ai choisi de le faire sur de nouveaux horizons car cela ne m’emballait pas de poursuivre ma vie par un poste comparable en France.

O. R : Rennes School of Business vient de vivre onze années de croissance remarquables. Quel bilan en tirez-vous ?

O. A : Il y a onze ans Rennes SB était encore une école très jeune, au stade de l’adolescence puisque créée en 1990. Nous avons travaillé pour en faire une école qui possède des caractéristiques très fortes à commencer par sa dimension internationale : aujourd’hui 91% de nos professeurs permanents et 53% de nos étudiants (2300 sur 4300) sont internationaux.… Lire la suite

Qu’apportent les EESPIG ? Où en est l’enseignement supérieur privé ? : les réponses du président de l’UGEI, Jean-Michel Nicolle

L’Union des grandes écoles indépendantes (UGEI) regroupe 33 grandes écoles de commerce et d’ingénieurs associatives ou privées membres de la Conférence des Grandes écoles (CGE) telles l’EM Normandie ou l’ECE. Jean-Michel Nicolle, président de l’UGEI et directeur de l’école d’ingénieurs EPF, rappelle les grands enjeux qu’elles rencontrent aujourd’hui et notamment celui de leur contractualisation avec l’Etat dans le cadre de la création du label EESPIG (établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général).

 Olivier Rollot : Un nouveau label, l’EESPIG, a été créé en 2014 par l’Etat pour identifier et valoriser des établissements associatifs qui répondent à des missions d’intérêt général et partagent certaines valeurs. Quel bilan en tirez-vous aujourd’hui ?

Jean-Michel Nicolle : Le label EESPIG participe de la reconnaissance, par l’Etat, des missions de service public assurées par l’enseignement supérieur associatif non lucratif. Il s’inscrit dans la dynamique de contractualisation de 2010 avec l’Etat. Rappelons que dans le cadre de cette contractualisation, le cahier des charges, exigeant, a été scrupuleusement respecté par les établissements contractants à charge par l’Etat de les accompagner financièrement dans une dynamique pluri-annuelle.… Lire la suite

« Nous faisons évoluer et préservons à la fois « l’esprit de Nanterre » ! » : Jean-François Balaudé, président de l’Université Paris Nanterre

Professeur de philosophie et président de l’Université Paris Nanterre depuis 2012, Jean-François Balaudé (@JFBalaude) revient avec nous sur les réformes en cours (sélection en master, création d’écoles universitaires de recherche) tout en s’interrogeant sur le rôle que joue le Commissariat général à l’investissement.

Olivier Rollot : Les effectifs universitaires augmentent d’année en année. Avez-vous déjà une idée de leur évolution pour la prochaine rentrée en première année de licence dans votre université ?

Jean-François Balaudé : Non pas encore mais, dans le cas de Paris Nanterre, les effectifs globaux sont stabilisés depuis 3 ans maintenant aux alentours de 34 000 étudiants. J’observe d’ailleurs que les effectifs de la plupart des grandes universités franciliennes sont dans cette même tendance. Ce sont des universités de plus petite taille qui voient aujourd’hui leurs effectifs grimper.

O. R : La question de l’échec en première année de licence reste importante.Lire la suite

« En prépa l’enseignement des sciences est différent de celui du lycée » Sylvie Bonnet (UPS)


C’est l’heure des choix pour des centaines de milliers de lycéens inscrits sur APB. La présidente de l’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS), Sylvie Bonnet, elle-même professeur de mathématiques, revient sur le pourquoi deu choix d’une prépa scientifique et comment y réussir.


 

Olivier Rollot : Pourquoi choisir d’entrer dans une classe préparatoire scientifique plutôt que, par exemple, dans une licence scientifique ?

Sylvie Bonnet : Entrer dans une classe préparatoire scientifique c’est acquérir un socle solide de connaissances pour ensuite poursuivre son cursus en connaissance de cause. Certains y découvrent qu’ils aiment les sciences pour la science, d’autres comme un outil de transition. Ils auront en tout cas reçu tous les éléments pour choisir parmi une grande variété d’école d’ingénieurs. Au terme de leur prépa, 85% de nos élèves choisissent d’entrer dans une école d’ingénieurs et 15% d’aller vers les universités où ils visent des carrières de chercheur ou de professeur.… Lire la suite

Comment Skema BS s’est implantée au Brésil

Comment Skema s’est installée au Brésil

 Implantée au Brésil depuis 2015, Skema BS va y accueillir 600 étudiants en 2017-2018. Un succès qui n’aurait pas été possible sans un partenariat local avec la Fondation Dom Cabral.

« Je suis obsédée par l’excellence ! » La directrice du groupe Skema, Alice Guilhon, devait trouver un partenaire de tout premier ordre pour s’implanter au Brésil après la Chine et les Etats-Unis :« Emerson de Almeidia, le cofondateur de la Fundaceo Dom Cabral (FDC) {classée au 28ème rang mondial en executive education par le Financial Times en 2016}, m’avait proposé de travailler avec nous dès 2009 alors que nous réfléchissions seulement à nous implanter en Amérique du Sud » Six ans plus tard, Skema s’implantait à Belo Horizonte, troisième ville du Brésil, considérée comme la Silicon Valley brésilienne, qui a des liens historiques avec les Hauts-de-France – le siège de Skema est à Lille – pour avoir travaillé comme elle sur la reconversion d’une région autrefois minière.… Lire la suite

Le bâtiment à la recherche d’ingénieurs

Après huit années difficiles les secteurs du bâtiment et des travaux publics (BTP) se sont relancés en 2016 et 2017 devrait permettre au seul secteur du bâtiment de connaître une hausse de son activité de 3,4% et créer 10 000 postes. Un contexte dans lequel les écoles d’ingénieurs du secteur proposent d’excellentes perspectives d’avenir à leurs diplômés. Focus sur l’ESITC Caen et l’ESTP Paris.

Pénurie d’ingénieurs spécialisés. Le secteur du BTP fait aujourd’hui face à une véritable pénurie d’ingénieurs spécialisés. Avec le départ à la retraite des « baby-boomers » ce sont des milliers d’ingénieurs qui quittent le secteur chaque année et des leaders mondiaux, comme Vinci ou Eiffage, commencent à manquer de ressources qualifiées pour continuer à se développer à l’international. « La pénurie qui se dessine risque d’être d’autant plus forte que les normes sont de plus en plus complexes et le risque pour les entreprises important si elles ne les respectent pas », commente Jérôme Lebrun, le directeur de l’une des écoles d’ingénieurs spécialisées du secteur, l’ESITC Caen.… Lire la suite

« Nous bénéficions à Clermont d’un environnement académique et économique particulièrement favorable » : Françoise Roudier (ESC Clermont)

L’ESC Clermont est de retour ! Après la déconfiture France business school rien n’était simple et l’école a su retrouver sa place dans les concours comme à la Conférence des grandes écoles. Sa directrice, Françoise Roudier, nous explique comment elle remonte peu à peu la pente.

Olivier Rollot : Le nombre de candidats issus de prépas qui se sont inscrits à votre concours a beaucoup augmenté cette année. Ça y est, l’ESC Clermont est de retour après les terribles années France business school ?

Françoise Roudier : Depuis 2014 nous avons entrepris de restaurer nos actifs en obtenant successivement le visa et le grade de master tout en faisant notre retour au sein de la BCE, des concours Passerelle et Atout+3 et de la Conférence des grandes écoles. En 2016 nous avons également renouvelé notre accréditation AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business) pour la durée maximale de 5 ans.… Lire la suite

Le « Starter Programme » de l’Ifag : deux ans pour s’orienter


Deux années complètes pour réfléchir à leur orientation en découvrant dix secteurs d’activité, c’est ce que proposera l’Ifag à ses étudiants de bachelor en septembre 2017 dans le cadre de son nouveau « Starter Programme ».

Mieux se préparer à intégrer une entreprise. « 80% de nos étudiants sont apprentis après leur bac+2 et 90% en bac+4/5 et, chaque fois que leurs tuteurs faisaient des commentaires sur eux, c’était concernant leur comportement. De plus nous nous sommes rendus compte qu’ils ne connaissaient pas les secteurs d’activité », commente Dominique Lemaire, le directeur du groupe Ifag. Pour mieux les y préparer, ses étudiants pourront découvrir à la prochaine rentrée aussi bien les nouvelles technologies que l’agroalimentaire ou la finance, en tout dix secteurs d’activité très larges plus un spécifique à chaque campus de l’école (Paris, Lyon, Lille, La Réunion, Agen, etc.). Ce nouveau dispositif pédagogique s’accompagne de séminaires mensuels dits OSE (Orientation Savoir-Etre) consacrés aux compétences nécessaires pour s’intégrer dans les entreprises (valeurs, capacité d’écoute, art oratoire, gestion des conflits, esprit critique, etc.) et sera complété par une partie sur le « savoir » (culture générale, fondamentaux du manager, langues, etc.) et une autre sur le « savoir-faire » (Business game, gestion de projet, apprendre à apprendre, etc.).… Lire la suite

« Nous avons préféré arrêter le projet de fusion parce que la situation sociale s’était dégradée à Télécom ParisTech » : Yves Poilane (Télécom ParisTech)

Télécom ParisTech et Télécom Sud Paris devaient fusionner cette année sous la seule marque Télécom ParisTech. Cela ne se fera finalement pas. Le directeur de Télécom ParisTech, Yves Poilane, explique pourquoi il a préféré arrêter le projet dans un contexte social difficile en raison des tensions nées du déménagement total ou partiel des deux écoles sur le campus de l’université Paris-Saclay.

Olivier Rollot : La fusion de Télécom ParisTech et Télécom Sud Paris vient d’être abandonnée. Pourquoi abandonner un projet qui semblait plein de bon sens entre deux écoles très similaires ?

 Yves Poilane : Nous avons préféré arrêter le projet parce que la situation sociale s’était dégradée à Télécom ParisTech. Ce qui a tendu les relations et bloqué les instances statutaires ce n’est tant pas le projet de fusion proprement dit que les conditions d’indemnisation du déménagement – prévu pour septembre 2019 -, de Télécom ParisTech sur son nouveau site dans le cadre de l’université Paris-Saclay, qui n’ont pas été jugées satisfaisantes par les personnels.… Lire la suite

Comment protéger les chercheurs des « procédures baillons » ?

Les enseignants-chercheurs sont de plus en plus l’objet de plaintes en diffamation ou en dénigrement, à la suite de leurs travaux scientifiques publiés dans des revues académiques ou dans la presse généraliste. Ces plaintes, dénommées «procédures bâillons», ont manifestement pour «objet ou pour effet de porter atteinte à leur liberté d’expression» expliquent les auteurs d’un rapport qui vient d’être remis à Thierry Mandon.

Un exemple de ce type de procédure abusive: «En 2012, Monsieur D., professeur d’économie, a rédigé une étude expliquant les impacts négatifs de l’arrivée d’un nouvel opérateur sur le marché des opérateurs de téléphonie mobile. Il prédisait notamment une baisse du chiffre d’affaires de 6,5 milliards d’euros dans ce secteur économique et une réduction de 55 000 emplois sur 2 ans.

Cette étude a donné lieu à une tribune dans Les Echos, en juin 2012.

Le président du nouvel opérateur en question a alors décidé de poursuivre Monsieur D.… Lire la suite