La Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs fête cette année ses 50 ans. Son ancien vice-président et délégué général, Michel Mudry, nous en conte l’histoire.
I . L’aspect réglementaire. On doit faire remonter la création de ce qui deviendra la CDEFI à la loi 68-978 du 12 novembre 1968 « d’orientation de l’enseignement supérieur » et de ses nombreux textes d’application. Cette loi instituait des universités dont les « présidents » étaient organisés en une Conférence des présidents d’université (CPU) par décret de 1971. Un peu plus tard et pour faire bonne mesure, le ministre de l’Education Nationale a créé une institution comparable : l’Assemblée générale des responsables d’établissements et délivrant le diplôme d’ingénieur (Sigle AGREEPDDI), par un décret de 1976. Celui-ci stipulait notamment que la nouvelle instance réunissait les directeurs des écoles d’ingénieurs placées sous sa tutelle. Consultative auprès de lui, cette « assemblée » était formellement présidée par le Ministre, assisté d’un bureau de trois vice-présidents, directeurs élus par et parmi l’assemblée dans ces fonctions. Du point de vue réglementaire ce dispositif sera en vigueur jusqu’en 2006.
Cependant une étape importante sera franchie en 1989 avec le changement de dénomination de l’AGREEPDDI, en Conférence des Directeurs des Écoles et Formations d’Ingénieurs (CDEFI). Ce changement a été fait à la demande de l’assemblée elle-même au motif de la longueur du sigle et des difficultés de communication que cela induisait.
Le très important décret de 2006 (ministère Fillon) a procédé à deux modifications majeures. Toujours à la demande de la CDEFI elle-même, il a étendu le périmètre de la CDEFI à l’ensemble des écoles publiques et privées, faisant ainsi coïncider son champ à celui de la CTI. De plus il a modifié son appellation, sans que son sigle soit affecté, donnant l’appellation actuelle de « Conférence des Directeurs des Écoles Françaises d’Ingénieurs », tenant ainsi compte de la dimension internationale.
De fait, le terrain se trouvait ainsi préparé lors de l’arrivée du projet de Loi de 2007 (LRU) et à l’article L 233, lui-même négocié par la CDEFI pour ce qui la concerne au mois de juin lors de la préparation expresse de la Loi. Celle-ci traitait désormais sur un strict pied d’égalité les deux conférences (CPU et CDEFI), chacune ayant la mission sibylline de « représenter auprès de l’État, de l’Union européenne et des autres instances internationales compétentes en matière d’enseignement supérieur et de recherche les intérêts communs des établissements qu’elles regroupent. »
Le ministre ne présidait plus la CDEFI – pas plus que la CPU – et celle-ci disposait pour la première fois de la personnalité morale, à travers une association reconnue d’utilité publique mise en place dès 2008. Ce nouveau statut a de plus permis à la CDEFI de prendre en charge la gestion de la CTI, par accord entre les deux bureaux.
II . Les moyens de la Cdefi. Jusqu’en 1994 l’AGREEPDDI/CDEFI n’avait pas de moyens propres, ni au plan de personnels permanents, ni donc au plan des locaux. C’est à cette date que le nouveau directeur général de l’ENSAM (grand établissement nouvellement créée pour rassembler les écoles d’Arts et Métiers) a mis à sa disposition quelques bureaux et un poste de secrétaire dans les locaux de la Direction Générale. Ensuite c’est à partir de 2003 que, moyennement une augmentation de cotisations et une subvention ministérielle de volume équivalent, une structure exécutive permanente a été renforcée jusqu’à une demi-douzaine d’agents en 2011. On avait alors presqu’atteint le niveau actuel. Par ailleurs, la dimension internationale a pris d’ampleur dès les années quatre-vingt-dix avec la création d’une fonction de délégué aux affaires internationales assumées jusqu’à aujourd’hui par un ancien directeur. En 2002 et jusqu’en 2011 une fonction de délégué général a permis d’épauler le bureau et de piloter la structure exécutive, et d’assumer à partir de 2007 la mission de la nouvelle CDEFI. Cette mission a été diluée par la suite au sein du bureau et de plusieurs conseillers.
III . Les membres de la Cdefi. A sa création en 1976, l’AGREEPDDI rassemblait la cinquantaine d’écoles publiques sous tutelle du ministre de l’Education nationale. A partir de 1984 s’est posée la question de l’admission des écoles internes sous statut de l’article 33 de la loi de 1984 (dite loi Savary), repris depuis lors ne varietur par l’article L 713-9 du code de l’éducation. La réponse a été rapidement positive, et cette nouvelle catégorie d’écoles est montée en régime. Elle a elle-même atteint la cinquantaine d’écoles au cours des années 2000. Par ailleurs, la CDEFI avait créé un « statut » d’associé pour des écoles privées désireuse de participer. Ensuite le dynamisme des créations et le décret de 2006 a institué une troisième catégorie, aujourd’hui d’importance comparable aux deux précédentes. La catégorie des écoles publiques relevant d’autres ministère a été ‘’inaugurée’’ dès 2006 par la venue du directeur de l’École des Ponts et Chaussées. A l’instar de celle des écoles du MESRI, sa dimension a peu varié au fil de l’histoire.
Les instances dirigeantes. Il est difficile à cet égard de remonter au-delà de l’année 1994. La raison en est que, avant cette date l’AGREEPDDI ne disposait pas de moyens en propre. Tout repose donc pour les informations anciennes sur les sources et sur la mémoire des deux ou trois acteurs de l’époque encore disponibles. Pour aller plus loin il faudrait exhumer les sources de l’administration centrale, lesquelles, par parenthèses, ne sont sans doute pas numérisées.
Ensuite il est par contre possible de donner une idée de l’implication des responsables dans l’histoire de la CDEFI, ainsi que l’école qu’ils avaient en charge au moment de leur désignation. Par souci d’homogénéité et de concision on se limite cependant dans le tableau ci-dessous aux fonctions de président (appelé premier vice-président jusqu’en 2008) et de premier vice-président (appelé deuxième vice-président jusqu’en 2008). Ce choix de vocabulaire est donc conforme aux dénominations actuelles.
