ECOLES DE MANAGEMENT

« L’Essca est devenu très rapidement un groupe multi campus et multi programmes »

C’est à la fin 2018 que Jean Charroin a pris la direction de l’Essca. Il va maintenant finaliser le développement de l’école dans ses nouveaux territoires – Bordeaux, Aix-en-Provence, Lyon – mais aussi créer de nouveaux programmes. Le regard toujours aiguisé d’un directeur qui a vite pris ses marques.

Olivier Rollot : Vous venez de prendre la direction de l’Essca. Qu’est-ce qui vous plus particulièrement a poussé à prendre ce poste ?

Jean Charroin : L’intérêt pour une structure très saine grâce au formidable travail effectué par Catherine Leblanc à laquelle je succède. Songez que, depuis 2013, l’Essca a ouvert trois nouveaux campus et obtenu trois accréditations internationales. Peu ont réussi à en faire autant tout en gardant leur identité : ce sont des personnels de l’Essca qui sont allés créer ces nouveaux campus. Certains ont traversé toute la France pour cela. Grâce à leur travail nous ouvrirons un nouveau campus sur 7500 m2 à Lyon en mai 2019 et, en 2021, ce sera au tour de Bordeaux sur près de 5000 m2. Sans oublier nos campus Aix-en-Provence, Shanghai et Budapest.

O. R : A quels défis une école comme l’Essca doit-elle être particulièrement attentive ?

J. C : Il y a un point de vigilance à avoir sur notre programme Grande école (PGE) avec la montée en puissance des bachelors en trois et quatre ans. Peut-être serons-nous amenés à ouvrir un bachelor « généraliste » à côté de nos bachelors spécialisés ? Notre PGE a en tout cas une très bonne cote qui lui permettra de ne pas être cannibalisé par un bachelor.

Nous devons également réfléchir à comment y intégrer plus d’étudiants de licence en master alors que notre PGE reste essentiellement marqué par le recrutement postbac. Nos concurrents ce ne sont pas seulement les très bonnes écoles postbac. Nos concurrents c’est tout le monde ! Et pas seulement en France. Par la qualité de leur développement Solvay ou l’EPFL sont des modèles pour l’Essca.

O. R : Il y a une sorte de « taille critique » à atteindre ?

J. C : Nous sommes passés très rapidement d’un groupe très marqué par une culture mono-site et mono-programme – Angers et Paris et le PGE – à un groupe multi campus et multi programmes. Aujourd’hui nous atteignons un chiffre d’affaires de 45 M€ avec une croissance soutenue sur nos nombreux campus. Nous devons consolider cette croissance dans le cadre d’un plan stratégique 2019-2024 que nous présenterons cet été ou à la rentrée 2019. Nous bénéficierons pour cela de l’entrée dans notre conseil d’administration de Christian Nibourel, le P-DG d’Accenture France et Benelux, qui connaît particulièrement bien l’enseignement supérieur après avoir été président du conseil d’administration de l’Insa Lyon.

O. R : En 2020 l’ensemble de vos programmes postbac passera sur Parcoursup. Qu’est-ce que cela représente comme nouvelles contraintes ?

J. C : Il faudra se poser la question de notre calendrier. Nous allons en discuter avec nos deux partenaires au sein du concours Accès : l’Iéseg et l’Esdes. Peut-être faut-il envisager un processus moins contraignant quitte à qu’il le soit plus pour le passage en deuxième année.

O. R : Comment pensez-vous vous comporter face à des écoles qui vont changer de statut pour obtenir plus de moyens financier du côté d’investisseurs privés ?

J. C : Notre statut d’EESPIG (établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général) reste au centre de notre projet. Nous avons une mission de service public. Mais nous devrons bien nous préoccuper d’écoles qui vont lever 20 millions d’euros auprès d’investisseurs pour créer par exemple un ou deux nouveaux campus. Le développement du multi-campus sera une forte zone de friction entre les écoles dans les années à venir. D’autant que nous allons atteindre un pic démographique d’ici 5 ans.

  • De nouveaux programme pour la rentrée 2019. L’Essca va présenter trois nouveaux cursus en alternance d’une durée de 2 ans accessibles à l’issue des trois premières années de formation de son programme Grande école (« Management de l’innovation et Fintech » à Bordeaux, « Management de l’expérience client et retail excellence » à Lyon et « Finance d’entreprise » à Aix-en-Provence). Pour leur 5ème année, les étudiants du programme Grande Ecole se verront proposer deux nouvelles spécialisations à Shanghai : « EU-Asia Digital Marketing and Business » et « EU-Asia Luxury Marketing ». Enfin le bachelor en Management international et le bachelor Marketing digital pourront désormais être accueillis sur le campus de Bordeaux. 
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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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