ECOLES DE MANAGEMENT

Management : ce que nous apprennent les séries

C’est un livre qui fait beaucoup parler de lui. Le directeur de l’ICD, Benoît Aubert, et Benoît Meyronin, professeur à Grenoble EM, ont eu l’idée de s’interroger sur les enseignements managériaux que pouvaient bien nous apporter les séries. De McGyver à Mad Men : quand les séries TV nous enseignent le management nous explique comment « créer sa start up digitale avec Breaking Bad », « les styles de leadership selon The Walking Dead » ou encore pourquoi « il ne faut surtout pas manager comme Tony Soprano ».

Une seconde lecture

« Nous invitons les téléspectateurs à une seconde lecture de leurs séries qui les met en face de situations de management qu’ilsconnaissent. Par exemple une dimension trop affective du management comme dans les Soprano », résume Benoît Aubert. Les personnages des séries font face à des dilemmes (y compris moraux), doivent rechercher des solutions sous contraintes, entrent dans des jeux de conflits et d’alliance pour saisir ou conserver le pouvoir, doivent gérer leurs collaborateurs (ou faire face à leurs managers et/ou à leurs pairs), innovent, etc. Toutes ces situations font clairement écho au vécu et aux rôles des managers et même plus.

« Il serait possible de monter des cours entiers de management à partir de séries TV. Pour parler de l’importance des réseaux avec Starsky et Hutch (souvenez-vous d’Huggy les Bons tuyaux) ou des raisonnements hypothético-déductifs ou pas dans Columbo ou Capitatine Marleau », reprend l’auteur qui tire aussi des archétypes managériaux des grands classiques du cinéma : Louis de Funés pervers narcissique dans La Grande Vadrouille, Philippe Noiret ou le poids dans l’expérience dans Les Ripoux ou comment le leadership de Lion Ventura s’épanouit en situation de cris dans Les Tontons Flingueurs.

Des thèmes toujours contemporains

Si Mad Men est sans aucun doute la série à laquelle on pense en premier les auteurs se sont rendus compte que beaucoup des concepts qui y étaient traités n’existaient pas dans les années 60. « Une bonne série est avant tout une rencontre, celle d’un producteur qui cherche à anticiper ce qui parlera au public dans plusieurs années et celle d’un auteur qui incarne un regard singulier sur le monde que personne n’a jamais eu. Quel que soit l’univers choisi, les personnages doivent être singuliers et les sujets contemporains », notent dans la préface du livre Mehdi Sabbar et Benjamin Dupont-Jubien, producteurs des séries TV, Taxi : Brooklyn, XIII : La Série ou encore Leo Mattei.

« Avec leur réalisme, avec un Don Draper brutal mais visionnaire, les séries sont souvent à l’opposé de la vision idéale que nous prodiguons en cours et c’est intéressant d’en discuter avec nos étudiants », reprend Benoît Aubert qui se demande maintenant s’il serait possible de faire réaliser de petites séries – des épisodes de 5 à 6 minutes – à ses étudiants. Et si une série définissait son travail au quotidien ? « McGyver parce que nous devons obtenir des résultats quels que soient les moyens qu’on nous donne, que nous ne pouvons pas attendre que tout nous tombe sous ma main. »

·      De MacGyver à Mad Men : Quand les séries TV nous enseignent le management Hors collection, Dunod, Benoît AubertBenoît Meyronin, 13,99€ en Ebook

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Olivier Rollot est directeur du pôle Information & Data de HEADway Advisory depuis 2012. Il est rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire), de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel) et de "Espace Prépas". Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant, Olivier Rollot est également l'un des experts français de la Génération Y à laquelle il a consacré un livre : "La Génération Y" (PUF, 2012).

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